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La relation à l'humain et son questionnement éthique

GEFERS formation

Nos formations

Fin de vie et soins palliatifs

Durée
2 à 4 jours
Public concerné
pour l'équipe pluridisciplinaireEquipe
pluridisciplinaire
    pour l'équipe médicaleEquipes
medical
   
Lieu
INTRA
dans votre établissement ou votre région 
Intervenants
Nicole Croyère - Michel Dupuis - Walter Hesbeen - Raymond Gueibe - Serge Philippon
Méthode pédagogique :
Apport de connaissances, débat, réflexion à partir des pratiques

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Résumé de la formation

La fin de vie et les éventuels soins palliatifs que la personne requiert interrogent les différents soignants sur le sens, la finalité de leurs actions. Chaque situation de fin de vie nécessite une véritable stratégie individuelle d'accompagnement, centrée tant sur la personne mourante que sur ses proches. Soins actifs et continus pratiqués par une équipe pluridisciplinaire en institution ou à domicile, les soins palliatifs visent à soulager la douleur, à apaiser la souffrance, à compenser les pertes, à sauvegarder la dignité de la personne malade et à soutenir son entourage.


 

Déroulement de la formation

La formation permettra ainsi aux participants d'élaborer une véritable stratégie d'accompagnement centrée sur le contrôle des symptômes associés à la maladie, la reconnaissance des éventuels aidants naturels et la réflexion éthique autour du projet de vie de la personne. Des apports théoriques seront proposés pour éclairer la compréhension de l'action professionnelle et le contexte culturel dans lequel s'exercent les soins palliatifs aujourd'hui. Des réflexions de groupe seront menées en se fondant sur des récits de situations professionnelles avec leur analyse permettant d'identifier le besoin de sens et ses implications dans l'approche de la personne soignée.

La question de la mort et du deuil qui s'en suit renvoient ensuite chacun à son propre questionnement sur la vie et sur la mort et nécessite pour les soignants un ajustement régulier dans les situations de changement et la capacité d'accompagner les patients et leurs proches. Les professionnels traversés par ces interrogations ont besoin pour aider et accompagner ces personnes d'un appui, d'une aide et de protections. Face à cette souffrance potentielle, toute personne soignante peut s'interroger sur la qualité de sa présence, sa manière d'être, de faire, de dire et sur sa capacité de communiquer. Les tendances innées de chacun, l'attention à l'autre, la compassion, la protection ont besoin pour s'épanouir et se manifester d'être reconnues au même titre que les capacités d'organisation, les habiletés techniques. Mettre l'accent sur l'attention à l'autre et le respect que nous pouvons apporter les uns aux autres, engage la responsabilité de chacun dans sa mission relationnelle au sein d'un établissement de soins, tant envers les patients ou résidents qu'envers ses accompagnants et les collègues.

Pour que l'équipe puisse être disponible et attentive, ses membres s'intéressent les uns aux autres et se soutiennent entre eux. Une démarche collective permet alors d'élaborer une véritable stratégie d'accompagnement ainsi qu'une réflexion éthique permanente autour de la personne et la mort qui s'envient ou qui survient.

Les objectifs de la formation

Les objectifs de la formation sont de permettre aux soignants de :

  • Réfléchir à la fin de vie, à la mort comme partie intégrante de la vie
  • Réfléchir aux enjeux éthiques de la fin de vie en institution
  • Situer les processus de deuil inhérents aux expériences de la vie (perte, séparation, rupture, décès)
  • S'interroger et réfléchir sur les attitudes, les sentiments, les émotions conséquents à la situation de perte et au travail de deuil
  • Différencier le travail de deuil processus naturel, du deuil pathologique
  • Découvrir les ressources et les limites engagées par chacun dans les situations professionnelles confrontant à la souffrance et la mort en trouvant la distance propice à l'approche relationnelle tout en se protégeant
  • Envisager l'accompagnement de manière concrète en termes d'attitudes et de comportements propices au développement d'une approche soignante et soignée
  • Mesurer l'impact de la mort et ses répercussions au sein de l'organisation
  • Contribuer à favoriser les échanges en accueillant la parole de chacun, malades mourants, endeuillés, soignants
  • Prendre soin de soi.

La formation se déroule sur 4 jours en 2+2, soit :

  • premier jour : La fin de vie et les soins qu'elle requiert
  • deuxième jour : La réflexion sur ce qui engage chacun dans la relation à l'autre en particulier dans les situations de perte et de changement
  • troisième jour : Le partage des interrogations sur la qualité de sa présence, sa manière d'être, d'intervenir et sur sa capacité de communiquer
  • quatrième jour : La réflexion dans l'approche en équipe sur la coopération professionnelle afin d'inscrire son rôle professionnel dans une démarche humaine, porteuse de sens.

Cette répartition en journées est donnée ici à titre indicatif, l'intervenant ajustant le contenu à la dynamique du groupe, aux réflexions qui s'échangent et aux interrogations qui surgissent

Contenu indicatif selon les jours : 

Premier jour : clarifier et préciser les concepts et le cadre

  • Les concepts fondamentaux : l'existence, l'espace et le temps humains ; la vie humaine, qu'est-ce que l'existence humaine ?
  • La mort et le deuil : la mort imaginée ; la mort dans certaines maladies ; la notion de mort chez l'enfant.
  • Les soins palliatifs : la définition des soins palliatifs et l'exercice des soins palliatifs ; l'objectif de la phase palliative ; les distinctions et les relations entre fin de vie, soins palliatifs, euthanasie ; les soins palliatifs dans une perspective interculturelle.
  • La loi du 22 avril 2005 et le décret du 6 février 2006.
  • Les aspects éthiques à prendre en compte face à la maladie d'une personne dépendante ? Face à l'enfance ? Face à la vieillesse ? Face à la maladie chronique ? Face à la fin de vie ?

Deuxième jour : L'objectif de cette deuxième journée est de permettre aux soignants d'accéder à leurs propres représentations, leurs connaissances et leurs pratiques liées à leurs expériences de deuil en situation de soins.

Les notions d'attachement et le sentiment de perte :

  • la création du lien,
  • le processus d'attachement,
  • le concept de la perte,
  • les expériences de perte jalonnant l'existence : séparations, ruptures, divorces, décès...
  • l'adaptation au changement et le travail de deuil.

La perte :

  • l'objet de la perte et sa représentation à travers les âges,
  • les stades du deuil,
  • la psychodynamique du processus de deuil,
  • l'expression émotionnelle : le chagrin, la peur, la culpabilité, le ressentiment, la honte, l'espoir
  • la place des rites et leur signification.

La crise existentielle et la quête de sens pouvant être induites par le changement :

  • le besoin de contrôler sa vie,
  • la peur liée aux représentations du changement : la peur de souffrir, de se retrouver seul, de ne plus être aimé, de ne pas y arriver,
  • l'inquiétude face à la séparation et/ou à la perte d'être chers, ceux que l'on va laisser et abandonner,
  • le désir de ménager et de protéger les proches : atténuation de leur souffrance, le sentiment d'accablement face à la souffrance perçue chez eux.

Troisième jour : Les tendances innées de chacun, l'attention à l'autre, la compassion, la protection ont besoin pour s'épanouir et se manifester d'être reconnues au même titre que les capacités d'organisation, techniques.

Pour une rencontre soignante :

  • la perception de soi et l'autre, la répercussion sur la situation de rencontre,
  • la notion de distance,
  • l'implication affective personnelle,
  • l'autre dans sa différence : le reconnaître et l'accepter.

Les obstacles à la perception et à l'observation des phénomènes psychologiques :

  • l'implication affective personnelle,
  • la subjectivité et les valeurs en présence
  • la déformation professionnelle,
  • la signification intellectuelle.

Les moyens pour éviter les obstacles et développer la relation :

  • la prise de conscience de soi et de son cadre de référence pour aller à la rencontre de l'autre,
  • la capacité de s'adapter au patient gravement malade, à « sa réalité singulière » dans le respect de sa construction de sa réalité,
  • le positionnement face à la famille et la non-substitution aux liens familiaux,
  • la flexibilité dans la relation à l'autre,
  • le partage, la sollicitude et l'invitation à communiquer,
  • l'importance de la pensée positive,
  • l'observation de l'évolution de la situation relationnelle elle-même.

Quatrième jour : Mettre l'accent sur l'attention à l'autre et le respect que nous pouvons apporter les uns aux autres, implique la nécessité de mieux connaître les facteurs influençant la réponse de l'organisme en situation de stress et la mise en place de stratégies personnelles et collectives face au deuil en situation de soins.

Les stratégies individuelles de protection

  • la gestion des émotions: les reconnaître, les identifier, les valider - accepter de vivre ses émotions - verbaliser ses émotions,
  • les stratégies personnelles de prévention de l'usure mentale : la démarche de changement au niveau cognitif, émotionnel et corporel.

Les stratégies collectives face au changement et aux risques d'épuisement :

  • la prise en compte du stress des soignants face au deuil en situation de soins,
  • les idéaux – ou paradigmes – qui animent les soignants,
  • les protections et les permissions,
  • la communication créative,
  • la gestion des incertitudes et des tensions,
  • les rapports de convivialité, le besoin de reconnaissance,
  • la structuration du travail en groupe.

Le travail en équipe et le soutien des pairs :

  • les principes indispensables à la réalisation d'un travail de soutien,
  • le partage des résonances personnelles,
  • la préparation personnelle psychologique et physique du soignant et de l'équipe à la rencontre des personnes éprouvées par la maladie, la perte, la séparation, le risque mortel.

L'impact de la perte sur l'institution :

  • les projections, les limites, les protections.

Méthode pédagogique

La méthode pédagogique conjugue des apports de connaissances à des aspects pratiques tirés, entre autres, de l'expérience de chacun et des interrogations exprimées.
Interactive, la pédagogie est basée sur les échanges entre le formateur et les personnes en formation et entre les membres du groupe eux-mêmes. Les expériences des uns sont ainsi réutilisées pour aider à la compréhension des autres membres.

Tout en respectant les objectifs de la formation, une grande souplesse préside au suivi des journées. Celle-ci est nécessaire pour être à l'écoute de chacun dans ses interrogations, ses craintes éventuelles ou ses difficultés. Des liens entre les concepts éclairants des expériences heureuses ou malheureuses permettent de mieux les appréhender et de comprendre ce qui a pu réussir ou mettre en difficulté. Des apports réglementaires et conceptuels seront apportés en lien avec les situations. L'échange et les reformulations permettront de s'assurer d'une compréhension commune.

La posture des formateurs du GEFERS est ancrée dans l'accompagnement du cheminement de chaque participant afin d'assurer la compréhension et l'intégration des apports de la formation. Sur le plan éthique, cette action de formation se déroule dans le souci du respect de chacun et de la tolérance aux situations présentées. La confidentialité et la non substitution à l'autre sont posées comme des règles incontournables.


Évaluation

Un premier temps d'évaluation individuel des acquis de la formation est prévu à l'issue de la session de formation sur support écrit. La grille servant de support peut être remise au Service de la formation de l'établissement.

Un second temps d'évaluation en présence d'un responsable des services concernés et du responsable de la formation continue de l'établissement est recommandé.

Ces deux temps de formation pourraient être suivis par une procédure menée par l'établissement et dont nous pouvons convenir, si cela est souhaité, les modalités en commun. L'expérience menée dans d'autres établissements est celle de réunir deux groupes environ six mois après la formation et en présence de responsables de l'établissement afin d'échanger sur les effets de la formation, les bénéfices observés et les difficultés rencontrées.

GEFERS Association poursuit le but de favoriser et de promouvoir la relation à l'humain et son questionnement éthique dans les pratiques de service et de soin. Elle vise à questionner les manières d'être, de faire et de dire des personnes ainsi que les dynamiques organisationnelles en vue d'analyser et d'évaluer leurs impacts sur la relation de service et de soin.
 

Pour ce faire, l'association :

  • favorise les échanges et rencontres entre ses adhérents par l'organisation de réunions et de séminaires de réflexion,
  • élabore et publie La Lettre du GEFERS,
  • organise une veille documentaire en vue de rassembler et de diffuser de l'information.